Lundi 1 octobre 2007
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Après la biennale de Lyon qui nous promet les artistes majeurs pour la prochaine décennie, “Enlarge your Pratice” à Marseille
qui cet été tentait de nous convaincre qu’un vent nouveau soufflait sur l’art contemporain en France, c’est au tour de Toulouse avec “Le printemps de septembre” de nous inviter à
accueillir la jeune scène française avec “Wheeeeel”. Que signifie cette frénésie de jeunesse, d’avenir, comme s’il fallait coûte que coûte se projeter, voir loin dans un environnement
médiatique et politique où le futur est comprimé dans le flux de l’information en continu ? À l’issue de cette première journée à Toulouse, une impression s’impose: rien de vraiment neuf si ce
n’est le rappel de quelques “fondamentaux” pour s’ouvrir et dépasser les frontières. Il y a chez ces jeunes artistes une soif, non de créer d’audacieux paradigmes, mais de nous plonger dans des
espaces pour expérimenter un ressenti, une place, un regard afin de renouer des liens que notre société toujours plus individualiste empêche de se déployer. Premier retour d’une traversée enfermante et ouverte.
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À l’entrée des Abattoirs de Toulouse, Sophie Dubosc propose son rideau de théâtre tout en plâtre. La visite peut commencer comme
si nous passions une frontière toute à la fois fragile, éphémère et intouchable. L’art contemporain serait-il un monde à ce point isolé? Sur la droite, des tables d’écolier trouées (“Cher
Guy”) par les obus de l’ennui. Sur les bancs de l’école, notre imaginaire ouvrait déjà l’espace rigide du savoir descendant. Sophie Dubosc vise juste et nous prépare pour la
suite...
Stéphane Thidet avec son “Refuge” provoque l’enthousiasme, un bonheur sans limites. Imaginez un
refuge en bois où la pluie tombe à l’intérieur alors que nous sommes au sec à l’extérieur. Des livres posés à terre, le tiroir ouvert d’une table recueille l’eau, une odeur de sapin frais,
finissent par nous emporter dans un déluge de poésie et de souvenirs d’enfance. Mais en inversant les prémices, Stéphane Thidet crée l’espace du “dedans-dehors” accessible à tous où le ressenti
empêche quasiment de conceptualiser. En nous réfugiant, nous cherchons cet autre territoire que seul l’art nous promet. Sublime et enfermant.
Autre refuge, autre bois. Les frères Chapuisat (Grégory et Cyril) avec “ Cryptomnesia” nous proposent un lieu en
forme de crypte. Il faut se faufiler à terre pour entrapercevoir l’intérieur à travers une minuscule entrée. Immense, impressionnante, elle est confinée dans cette salle des Abattoirs comme une
résurgence d’un passé lointain ou d’un futur proche, prête à faire exploser les murs. C’est un nouvel espace qui s’offre à nous, à l’image des réseaux mondiaux: en quelques secondes, nous passons
des pierres verticales des cathédrales aux bois transversaux et enchevêtrés des frères Chapuisat! La visite n’est possible qu’en contorsionnant son corps: qu’ont donc ces Français pour nous
rendre l’accès au global si difficile? Sublime et douloureux.
Progressivement, l’espace se fait plus ouvert. Toujours du bois et cette envie frénétique de toucher, mais les agents de sécurité d’une
société privée (présence aberrante et infantilisante) nous en empêchent sans ménagement (la sarkosie s’infiltre décidément partout). Julien Laforge avec “La mer des
mamelles” nous fait tout petit. Ici rien d’intimidant, juste un travail sur la forme où l’intérieur, extérieur, l’explicite et l’implicite s’offrent à nous comme une invitation à se
plonger au coeur de la compléxité. On cherche un refuge sous ses mamelles de bois, métaphore de la protection maternelle. Œuvre douce et réconfortante. De quoi avons-nous si
peur?
Pascal Bély
www.festivalier.net
♥♥♥♥♥♥ Sophie Dubosc, Julien Laforge, Les
frères Chapuisat, Stéphane Thidet aux Abattoirs de Toulouse dans le cadre du
"Printemps de septembre" jusqu'au 14 octobre 2007.
Prochaînement: Katharina Ziemke,
Daniel Dewar et Grégory Gicquel, les hirondelles du printemps.
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Par Tadorne
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Publié dans : LES EXPOSITIONS
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