"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.
La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.
Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.
Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.
Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.
Le “Sculpture Projects de Muenster” en Allemagne est une manifestation d’art contemporain, exceptionnelle par les
processus de reliance qu’elle suggère au public. Loin d’être une juxtaposition d’œuvres, Münster a fait le choix, tous les dix ans, de proposer un parcours exigeant, passionnant, qui autorise le
visiteur à sculpter la ville au hasard de ses découvertes et de ses envies. À mesure que l’on marche dans les rues, que l’on pédale sur “la promenade”, le plan de la cité se métamorphose
en note d’intention des commissaires (Brigitte Franzen, Kasper König, Carina Plath) .
Je m’étonne encore d’avoir commencé ce maillage par
Thomas Schütte (“Model for a museum”). À côté de son œuvre de 1987 (“”Kirschensäule”), la place
Harsewinkelplatz accueille cette fontaine englobée d’une structure de verre, surmonté d’un “gratte-ciel” orange. Comme un jeu de légo, notre regard démonte, remonte. Ce modèle
déstructurant et restructurant est le projet de Münster: passé, présent / ordre – désordre. La buée de condensation du matin (métaphore d’une intention mutante?) m’invite à revenir le soir pour
admirer ce musée en miniature qui nous regarde de haut pour que nous imaginions un futur à notre portée. Puissant!
Cette coconception entre l’artiste et le public est au cœur de la
proposition de Guy Ben – Ner. Dans une salle du service des impôts (sic), deux vélos d’appartement sont installés avec en leur centre un
écran plat. Plus nous pédalons, plus l’image défile. On y voit Guy Ben-Ner et ses deux jeunes enfants profiter de la nonchalance du surveillant du musée pour démonter une oeuvre, puis deux et les
transformer en objet vélocipède non identifié afin de parcourir rues et jardins de Münster. Outre le bel hommage à la “tête de taureau” de Picasso ou au cyclograveur de Jean
Tinguely, cette installation sculpte l’histoire de l’art pour en faire une œuvre virtuelle interactive où le territoire de Münster devient global avec des frontières délimitées par le lien entre
le public et les artistes.
N’est-ce finalement pas
l’intention de Dominique Gonzalez – Foerster avec ““A Münster Novel”? Dans un espace verdoyant, mais coincé
entre le boulevard automobile et “la promenade” cycliste, sont reproduites en modèle réduit les sculptures installées dans la ville depuis 30 ans. L’effet est immédiat: pourquoi un tel
agencement? Que nous dit cette sculpture des sculptures? Les amateurs, numérique en main, tente de capturer des perspectives. D’autres, assis, contemplent de loin. Moi, je marche, je tourne
autour, je vais, je viens. Le processus d’appropriation du territoire et de l’histoire de Münster est fascinant (d’autant plus que cette ville a été quasiment détruite pendant la guerre). Mais
sutout, Dominique Gonzalez – Foerster offre au public la possibilité de relier ce qui est par nature parsemé. L’espace dégage une “aura”, une éthique qui veut que chacun d’entre nous soit capable
de s’approprier l’art pour produire du lien et créer son territoire.
Ceci va s’avérer incroyablement juste alors que je
découvre l’installation de Pae White dans le magnifique Jardin botanique. L’artiste vit en Californie et a reproduit la forme des carillons installés le
long de “Camino Real”. Le personnel d’accueil du “Sculpture projects” est là pour faire sonner les cloches dont le bruit doux et sourd étonne par sa beauté. C’est ainsi qu’un fil se tisse entre
là-bas et ici, entre le rouge californien et le blanc si cher à Pae White. Münster joue avec nos frontières sensorielles pour les rendre si poreuses que tout se mélange (l’Allemagne et la longue
route des missions californiennes) pour former un nouveau territoire imaginaire capable de mettre à mal nos défenses rationalistes.
Le “petting zoo” de
Mike kelley installé dans la cour d’un vieux bâtiment, entre un parking couvert et des immeubles de bureau, vise-t-il à nous apprivoiser? Toujours est-il
qu’à partir d’une légende biblique (la femme de Loth transformée en statue de sel pour avoir désobéi), Mike Kelley crée un univers étrange où le visiteur flotte au milieu de ces animaux. Comment
les approcher? Est-ce permis? Pourquoi nous métamorphosent-ils à ce point (même des ados bruyants à l’entrée du site se révèlent subitement doux comme des agneaux à l’intérieur du zoo!). Cette
installation prolonge la réalité en questionnant notre lien à un ordre établi par la religion et notre dépendance à l’égard des animaux. Alors qu’en quittant ce lieu, je clos mon périple à
Münster, tout s’éclaire: le “Sculpture Projects” apaise les hommes parce qu’il ouvre les possibles, les territoires. Les sculptures me donnent
l’énergie pour élargir ce que je pensais statufié par le sel de mes certitudes.
Pascal Bély
www.festivalier.net
♥♥♥♥♥♥ “Sculpture Projects de Muenster” a lieu jusqu'au 30 septembre 2007.
A lire sur le même sujet:
Le projet du Tadorne pour
Marseille 2013

Vos prises de bec