"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.
La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.
Le Festival ACTORAL à Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.
Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.
Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.
Indispensable Théâtre des Idées...
C’est « Le Théâtre des Idées » qui une fois de plus aura remis du sens pour évaluer avec plus de distance certaines propositions artistiques. La philosophe Marie-José
Mondzain et le critique Hans-Thies Lehman ont débattu sur « l’éthique, l’esthétique et la politique de la représentation ». Passionnants échanges où Lehman a pu développer sa
définition du théâtre post dramatique (« espace ouvert, en phase avec l’époque, incluant la dramaturgie du spectateur »), où Mondzain a défini avec clarté ce qui fait sens
aujourd’hui. Pour elle, « l’œuvre doit donner la parole, des possibles pour que symboliquement le spectateur puisse intervenir » où « ce qui est reçu est
encore plus grand que ce qui est donné ». Dans un contexte où le citoyen est noyé dans les stratégies Sarkoziennes, « Les éphémères » par le Théâtre du Soleil et « Le silence des communistes » par Jean-Pierre Vincent auront incontestablement
positionné le spectateur comme sujet, où chacun a pu penser à partir de son ressenti. Ces deux œuvres ont donné un socle à ce Festival sans quoi une nouvelle crise identique à 2005 se profilait.
Sur un autre registre, Valère Novarina avec « L’acte inconnu »peuvent couper
la parole » ! Citons « Claire »L’échange » de Paul Claudel par a rendu aux mots leur puissance de résistance face au rouleur compresseur de l’uniformisation et donné au public la force de croire encore et toujours au théâtre ! Les
mots ont donc envahi cette 61e édition et comme le souligne fort justement Marie-José Mondzain, certains « d’Alexis Forestier ou il aura fallu l’aplomb d’une spectatrice pour signifier
notre désaccord avec cette interprétation de Réné Char. « Julie Brochen a anesthésié le public par son théâtre
bourgeois! « Hypolythe » par Robert Cantarella n’a pas fait mieux
avec ce texte du 16ème siècle anéantit par une mise en scène dépassée par des effets de style prétentieux. L’Afrique n’a pas convaincu non plus (on aurait pu attendre plus d’audace de
la part du jeune Congolais Faustin Linyekula avec “Le festival des mensonges” et «Dinozord : the dialogue series
III”) où son théâtre dansé n’a pas décollé du
propos. À côté, le solo dépouillé de Dieudonné Niangouna dans « Attitude clando »
aura ému par la justesse des mots et la singularité d’une mise en scène qui aura rapproché, le temps d’une soirée, une
assemblée de spectateurs autour de la question des sans-papiers.
Au Nord...
Un certain théâtre semble ne plus avoir d’avenir, ne s’inscrivant pas dans une approche de cocompréhension entre acteurs et public et où le texte prend toute la place sans ouverture vers d’autres
langages. La jeune garde présentée cet été n’a pas réussi (à l’exception notable d’Eleonore Weber et de Galin Stoev). Au pire, les expérimentations ont
transformé le public en “objet” devant “gober”, au mieux nous aurons eu droit à un théâtre consensuel, sans prise de risque et incapable de nous aider à comprendre ce monde global et
complexe (“ Le Roi Lear » de Jean-François Sivadier, « Richard
III » de Ludovic Lagarde, « Tendre jeudi » de Mathieu
Bauer ). Autrement dit, on est en droit de se demander si certains metteurs en scène n’ont pas pris le parti d’infantiliser le public. Ce sont les pays du Nord qui, une fois de plus, ont
montré la voie avec brio: : « Angels in América » par le polonais Krzysztof
Warlikowski, « Méfisto for ever » du flamand Guy Cassiers et « Nine Finger » du belge Alain
Platel. Outre une scénographie à couper le souffle, ces trois metteurs en scène font du théâtre processuel : nous sommes constamment reliés aux acteurs, car nous sommes aussi les
protagonistes d’une histoire toujours en marche : le sida avec Warlikowski, le totalitarisme avec Cassiers et les enfants soldats avec Platel.
La danse..in - out.
Mais Avignon aura vu la marginalisation de la danse, repliée dans des bulles jugées trop hermétiques : Raimund Hoghe, incompris, avec « 36 avenue Georges
Mendel » ; Sacha Waltz, audacieuse avec « InsideOut » ; Alain Platel, percutant avec « Nine Finger » ; Julie Guibert, sublime dans “Devant
l’arrière-pays”. Malgré tout, la danse fut à la marge du projet de cette édition (Fréderic Fisbach n’aura pas eu un seul mot à son égard lors de ses nombreuses
interventions). Or, comment comprendre le processus dans un festival, sans son langage? J’ai eu l’impression que les efforts des programmateurs français pour faire une place de choix à la danse,
se sont trouvés disqualifiés. Mais surtout, est-ce faire part de modernité que de priver le spectateur d’un langage qui lui donne tant la parole ?
Pascal Bély
www.festivalier.net
A lire sur le même sujet:
Le projet du Tadorne pour
Marseille 2013

Vos prises de bec