Mercredi 1 août 2007 3 01 /08 /Août /2007 23:20

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file-6408-1W.jpg C’est le dernier spectacle de mon aventure festivalière. Je ne ressens pas la tristesse de l’an passé mais plutôt un soulagement comme si cette 61e édition, au parcours chaotique, finissait par me lasser, d’autant plus que « Nine Finger » vu quelques heures auparavant, m’a laissé sans voix et avec peu d’énergie. A quoi bon ce Roi Lear mis en scène par Jean-François Sivadier pour quatre heures d’un drame shakespearien ? C’est sans compter sur cette troupe qui sait fidéliser son public.
« La vie de Galilée » présentée au Festival en 2005, avait connu un joli succès d’estime au cœur de la programmation contestée de Jan Fabre. Deux années plus tard, « Le Roi Lear » reprend les mêmes recettes : comportements d’observateurs des comédiens alors que le public s’installe ; prolongement de la scène jusqu’au fond des gradins ; positionnement inchangé des acteurs dans la hiérarchie des rôles ; reproduction quasi identique de la mise en scène. Bref, je n’ai plus qu’à me laisser aller d’autant plus que « Le Roi Lear » emprunte un peu trop (facilement) les effets du théâtre de guignol, agréables en cette fin de festival. Le divertissement est total : je ris, j’applaudis des deux mains d’autant plus que Norah Krief (le fou) et Nicolas Bouchaud (le roi Lear) portent à bout de bras le premier acte. Euphorisant !
La deuxième partie ne tient plus la distance. À la déchéance du Roi s’ajoute une scène qui se fragmente progressivement (le décor, sur roulettes, ouvre de nouveaux espaces que le jeu des acteurs peine à occuper). L’orchestre, auparavant positionné en coulisses, est visible sans que l’on en comprenne la raison. Mais surtout, Stephen Butel (Edgar) et Christophe Ratandra (une des filles de Lear) manquent cruellement de crédibilité dans leur rôle: quasiment travestis (l’un sous la boue, l’autre avec une perruque), ils assument difficilement ces transformations (jusqu’à frôler la caricature). L’ennui gagne et certains spectateurs ne tiennent plus la distance à une heure du matin. Jean-François Sivadier montre là ses limites dans le passage de la tragi-comédie à la tragédie. Il cherche, tâtonne, à l’image de ce décor roulant sur une scène glissante alors que seule la scénographie prend de l’ampleur à mesure qu’avance le drame (magnifiques jeux de lumière).
Je me surprends à me lever pour applaudir la troupe. Il est quasiment certain qu’à ce moment précis, je salue le divertissement et ma performance d’avoir réussi le pari de ce 61e Festival d’Avignon: devenir le “spect-acteur” si cher à l’artiste associé, Frédéric Fisbach. Pour le reste, je m’étonne du décalage entre le théâtre de Jean-François Sivadier, de Ludovic Lagarde avec celui de nos voisins flamands, allemands et polonais. Il est vrai que “Le Roi Lear” et “Richard III” sont sûrement compatibles avec le projet de Christine Lagarde, actuelle Ministre de l'économie et accessoirement de la culture.

Pascal Bély
www.festivalier.net


♥♥♥♥♥♥ “Le Roi Lear” de Jean-François Sivadier a été joué le 27 juillet 2007 dans le cadre du Festival d'Avignon.

Crédit photo: © Christophe Raynaud de Lage/Festival d'Avignon

Le bilan du 61ème Festival d’Avignon, 1ère partie : Edgar Morin, l'artiste associé.

Le bilan du 61ème Festival d’Avignon, 2ème partie : le poids des mots.

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Commentaires

Le commentaire sur "les spectacles sarko compatibles" c'est quand même un peu n'importe quoi...
Commentaire n°1 posté par miguel le 02/08/2007 à 01h29
Précision: ces deux spectacles assureront les billeteries des théâtres sans aucune difficultés. De là à prolonger la réflexion sur notre société et le pouvoir en place, j'émet quelques doutes. Nous sommes loin d'un théâtre engagé!
Commentaire n°2 posté par le tadorne le 02/08/2007 à 08h04
Donc pour vous il y a soit un théâtre engagé soit un théâtre sarkocompatible? Vous éxagérez...
Commentaire n°3 posté par miguel le 02/08/2007 à 20h19
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écris! J'essaye de replacer ces deux pièces dans le contexte du Festival et celui accessoirement de la France. Alors que nos voisins européens nous ont présentés des oeuvres très engagées, je me questionne sur la frilosité du théâtre français en Avignon. Je m'interroge!
Commentaire n°4 posté par le tadorne le 02/08/2007 à 20h35
Spectacle sarko compatible? D'une part, le tract a l'interieur de la plaquette de ce roi lear sur la condition des intermitentsn'était pas tres sarkoziste, et a été a l'origine d'une gronde derriere moi.... Quant au spectalce en lui meme, je doute que le fait de monter aujourd'hui "Le roi Lear" ne soit pas engagé. Le roi lear est sarko compatible?? Soit j'ai mal compris la fable, soit cette piece ne parle que de ce danger d'écouter les beaux parleurssur la folie d'un roi qui oubli les vrai valeurs de la vie etc. Cette piece m'appelle a ne jamais me laisser séduire par les promesse fausse d'individus interressés. C'est sarko compatible ça? Ensuite, si je peux me permettre une critique du reste de cet article, je dirais que c'est inssuportable cette suffisance qu'on les gens qui connaissent déjà un metteur en scene et qui disent a longueur de temps:"oui mais s'est déjà vu, on a eu la meme chose avec telle piece..." Merde, moi ça fait pas 17 ans que j vais au theatre parce que j'en ai que 17, et ce discours un peu blasé m'inssuporte. On m'a déjà fait ça sur brook, mnouchkine, Del Bono et Lepage, et ben je trouve ça merdique. U'importe s'il l'a déjà fait. C'est riche, sensible intelligent voila tout. Ensuite le fait de dire que Silvadier échoue dans le tragique, je suis perplexe. Vraiment, le texte avait une place tellement importante que toute la puissance du tragique chez shakespeare était présente. La forme, la mise en scene, décalée ne donnait pas une "legereté" a la piece mais la rendait surement plus accessible, plus drole, plus grotesque, plus proche de nous. Nous avons assisté a un vaudeville et a une tragédie a la fois. Est ce grave? Au contraire, je trouve que c'est éjà une réussite de faire ça sur le roi Lear. Quant au travestissement de Goneril, il appartenait bien sur a ce coté vaudevillesque de la mise en scene, mais surtout, il montrait (a juste titre) que le tragique shakespearien est bien plus proche de ces comédies (ici le songe d'une nuit d'été) que ce que veulent bien le dire les littéraires inssuportable (c'est exactement ce que m'avait dis mon prof de français l'année derniere....)
Commentaire n°5 posté par clément le 27/08/2007 à 16h52
Je n'aurais jamais du faire cette allusion à Sarkosy puis à Lagarde dans ce texte! Quelle était mon intention à l'époque? Démontrer le total décalage entre la mise en scène de Sivadier (qui permettez-moi de l'écrire à nouveau emprunte trop facilement les codes du vaudeville ou de la farce comique) et le contexte où la France vient d'élire un Président plus proche du Rotary Club que du Musée des Arts Premiers! J'ai trouvé dans ce décalage, une démission du Théâtre Français à vouloir nous aider à comprendre ce qui se joue dans ce monde ouvert et chaotique. Les flamands, les polonais, les allemands y vont. En France, nous restons accorchés à un certain théâtre qui va remplir les salles au lieu de faire débat. A premiere vue, "Le Roi Lear" n'est bien sûr pas "Sarko compatible". A distance, ...
Commentaire n°6 posté par le tadorne le 01/09/2007 à 16h31

Ecrire un commentaire - Par Tadorne - Publié dans : THEATRE

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