Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /Juil /2007 10:19

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Je m’obstine à vouloir comprendre l’univers de Roméo Castellucci. Découvert en 2005 lors du festival d’Avignon avec «Berlin »et « Bruxelles », revu au KunstenFestivalDesArts en 2006 avec « Marseille », je me sens à côté, rarement enthousiaste, mais toujours curieux. Cette obstination est une quête d’un absolu, de l’objet perdu comme si mon inconscient poursuivait l’aventure d’année en année.
file-5499W.jpg En 2007, Avignon nous propose « Hey Girl ! » à l’Église des Celestins vers une heure du matin. Le choix du site et du moment n’a rien du hasard : Roméo Castellucci a une haute idée de son travail pour que la fatigue des spectateurs et l’aura du lieu produisent leurs effets. A deux heures trente du matin, les rues désertes d’Avignon sont à l’image de ma vision : je ne vois rien et ne ressens plus grand-chose. « Hey Girl ! » est une injonction paradoxale : pour en parler, ne rien dire ; pour voir, écouter ; pour écrire, projeter le film de cette soirée.

Deux jours après, rien ne sort, tout est dedans comme un processus où je crée un rapport à l’art, où se construisent de nouveaux liens entre la scène et ma place de spectateur. Roméo Castellucci interroge ma perception de l’art, du symbole. Il déconstruit (à l’image du premier tableau où le corps émerge d’un chaos gluant, telle une naissance) pour que je puisse relier à ma guise les différentes scènes. Il y a donc un décalage entre la réactivité du blog (qui impose d’écrire rapidement de peur de perdre le processus) et l’œuvre de Castellucci qui demande du temps. Il y a d’ailleurs un élément étrange : tout au long de la représentation, je n’ai cessé de revenir au point de départ à savoir scruter la glu rose qui dégoulinait lentement de la table comme si tous les autres symboles proposés (et Dieu sait qu’il n’en manquait pas !) s’inscrivaient dans la temporalité de cette glu. Je peux donc écrire sur cette table…mais pour le reste ?
Trois jours après, « Hey Girl ! » semble devenir une œuvre mineure où des images «flash » ressurgissent comme un diaporama où plus grand-chose ne se relie. Le sort de cette jeune fille, blonde et au look ado, dépend de beaucoup trop de symboles pour que je puisse y trouver ma part de vérité. Plongé dans une esthétique qui le dépasse, Castellucci a peut-être oublié qu’à trop jouer avec les formes, le sens se dilue. La glu continue de s’étaler dans mon cerveau comme si cette renaissance poursuivait son travail.
Je crois malgré tout à la force des symboles  (une église, une heure du matin) pour accepter de n’avoir pour l’instant plus rien à écrire, mais tout encore à relier.
Pascal Bély
www.festivalier.net



♥♥♥♥♥♥ « Hey Girl ! » de Roméo Castellucci a été joué le 12 juillet dans le cadre du Festival d'Avignon.

Crédit photo: © Christophe Raynaud de Lage/Festival d'Avignon

Le bilan du 61ème Festival d’Avignon, 1ère partie : Edgar Morin, l'artiste associé.

Le bilan du 61ème Festival d’Avignon, 2ème partie : le poids des mots.

 
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Commentaires

J'aime bien ta manière de ramener le souvenir du spectacle à ta présence dans la rue, à l'attention curieuse de sensations existantes ou pas.
Je n'ai pas vu ce spectacle mais je trouve que c'est une bonne critique que de commencer par son ressenti physique.
Commentaire n°1 posté par Octave le 14/07/2007 à 12h47
Je n'avais pu en sortant de l'Odeon l'an dernier dépasser le triste stade descriptif. Des images chocs, assez pour que longtemps aprés on s'en souvienne, un rythme assez lent pour qu'on puisse les assimiler. perdu le fil, et aprés. Castellucci entertainer bobo ? Bon courage pour Avignon 2007
Commentaire n°2 posté par guy le 11/08/2007 à 21h53
Un mois après, il ne me reste plus grand chose au niveau du propos. Je garde quelques images "chocs" mais après...
Castellucci sera donc l'artiste associé en 2008. On peut effectivement s'inquieter de la prgrammation. Est-ce pour cette raison que l'actrice Valérie Dréville sera à ses côtés pour l'accompagner dans cette tâche qui a perdue pas mal de sens avec Fréderic Fisbach cette année?
Commentaire n°3 posté par le tadorne le 14/08/2007 à 11h10

Ecrire un commentaire - Par Tadorne - Publié dans : PLURIDISCIPLINARITE

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