Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /Juil /2007 22:45

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L’écrivain Christophe Fiat se cherche. À la question « êtes-vous un écrivain ou d’abord un performeur ? », il répond : « Je suis un écrivain et je fais des performances… Performance est le seul terme que j’ai trouvé pour dire comment je lis mes textes sur scène en les accompagnant de sons venus d’une guitare électrique ». La confusion conduit-elle au talent ?  Pas si sûr...
Afin d’aider Christophe Fiat dans sa recherche, voici quelques pistes :
Dominique A est un chanteur. Ses textes « littéraires » sont accompagnés de guitares électriques majestueuses. Il lui arrive de danser sur scène. C’est prodigieux. Il ne se proclame pas performeur et pourtant...
Les correspondances de Manosque se déroulent à la fin de l’été et nous proposent des concerts littéraires de toute beauté (animés depuis deux ans par l’écrivain Arnaud Cathrine). J’ai pu assister à de vraies performances de chanteurs rock (Florent Marchet, Armand Méliès, Claire Diterzi) où l’engagement dans une approche pluridisciplinaire de la littérature est visible.
En 2005, le Fesitval d’Avignon nous permettait aux spectateurs d'approcher la performance comme forme artistique à part entière. Marina Abramovic, Jean-Lambert Wild et d’autres ont réussis à capter l’attention d’un public curieux et déboussolé. Nous savons ce que le terme « performeur » veut dire.
En 2007, Christophe Fiat est sur la scène de la salle Benoît XII pour sa lecture qui se donne en performance« la jeune fille à la bombe ». Sa guitare n’est pas loin pour assurer le fond sonore d’un roman paranoïaque sur notre société de surveillance. Deux danseurs l’accompagnent comme faire-valoir pour lire ce roman délirant sur le terrorisme et les femmes. Une soprano fait frissonner le public dès qu’elle chante, mais doit lire la plupart du temps les chapitres de ce roman de science-fiction que refuserait même de filmer David Lynch.
file-2419W.jpg (ai-je juste ?), Le tout dure deux heures (dont une où l'on nous parle de dos...). La scène finale où le groupe quitte la scène pour nous laisser écouter une chanson très "fuck attitude" est à l’image de cette performance : vide.
Une vidéaste filme pendant deux heures la chose. J'espère qu'elle n’oubliera pas de la diffuser sur « Daylimotion »  pour que l’on se marre un peu.
Dominique A n’a jamais été invité au Festival d’Avignon.

Pascal Bély.
www.festivalier.net



« La jeune fille à la bombe » de Chistophe Fiat a été joué le 8 juillet 2007 dans le cadre du Festival d'Avignon.

Crédit photo: © Christophe Raynaud de Lage/Festival d'Avignon

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Commentaires

rien à ajouter: je suis restée jusqu'au bout, abasourdie par l'inanité du propos et de la forme! l'ennui au bout du compte (à refaire pour boucler la fin du mois entamée avant son terme!)
hier la leçon morale politique et artistique était dispensée dans la cour par Muller, Moreau et Frey et Jourdheuil! impeccable ! le respect pour 2 grands artistes , un écrivain et un homme de théâtre qui nous fait avancer!
Commentaire n°1 posté par marijo le 10/07/2007 à 09h27
Le plus incroyable, c'est la durée de la présence de Fiat au Festival: 6 jours à Benoît XII! Incompréhensible. Pendant ce temps, le public se bat pour avoir des places pour Sasha Waltz dans le hangar minable de Chateaublanc. Je sais, cela ne sert à rien de l'écrire...
Commentaire n°2 posté par le tadorne le 10/07/2007 à 09h39
Et le pire c'est la niaiserie pour le coup du propos et ses postures suffisantes!
Commentaire n°3 posté par marijo le 10/07/2007 à 09h44
Difficile de relever la tête après ces critiques.
Moi aussi, je me suis ennuyé, j'ai trouvé facile le texte, la mise en scène et même et surtout la musique, comme un ado dans sa chambre.
Tout paraît sorti de la chambre d'un ado, comme pour dire qu'il suffit de faire pour que ça existe... il raconte une histoire, développement de temps, histoire prétexte qui parle très mal d'aujourd'hui à force de n'en garder que les pointes hérissées, assemblées les unes derrière les autres.
Il fait intervenir des danseurs pour ne pas les faire bouger, pour les laisser de dos, et une soprano pour lire, pour la laisser chanter deux minutes en fin de spectacle comme par obligation contractuelle.

Je ne connaissais pas du tout Fiat avant ce spectacle, j'ai du mal à croire qu'il n'a pas pensé tout cela avant nous, je ne sais pas s'il n'y a pas volonté de casser le jouet façon "no futur", mais pour aller où ?
Reprise en main du romanesque, comme il le dit, au détriment du poétique !
Tout cela me donne envie d'en savoir un peu plus. Donc à suivre, sans espoir particulier.

J'aime bien la manière de ne pas s'encombrer de fioriture, le fait de prendre une direction qui n'aura peut-être pas de suite mais qu'il faut essayer. J'écris cela en lisant son parcours.
Commentaire n°4 posté par Octave le 10/07/2007 à 12h01
Merci Octave pour ce regard. J'avoue y avoir pensé sur le retour du romanesque...sauf que son écriture est plate, sans relief. Même son roman ne sauve pas sa "performance". Il fait injure à la danse et c'est pour moi inacceptable...
Commentaire n°5 posté par le tadorne le 10/07/2007 à 12h10
d'accord avec vous deux pour dire qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain mais que c'est un spectacle raté! c'est pas grave mais s'il se cherche et qu'il trouve, je serai heureuse de le retrouver et d'oublier la jeune fille à la bombe!
Commentaire n°6 posté par marijo le 10/07/2007 à 15h01
Fiat, c'est une imposture! J'ai détesté sa présence. Désolé de l'écrire comme cela, mais cet écrivin dégage quelque chose d'étrange qui dérègle tout...Et ci c'etait lui, le terroriste?
Commentaire n°7 posté par eloise le 10/07/2007 à 17h18
J'ai quitté la salle après 35 minutes, d'autres m'ont suivi. Je me sens dupé par les organisateurs du Festival qui m'ont fait payer environ 27 euros pour un spectacle aussi nulle qui n'en mérite même pas le nom. C'était une lecture, lecture d'un texte nul et non advenu...
Commentaire n°8 posté par Eike Wolff le 11/07/2007 à 21h21
Plus ça va, plus j'ai des doutes sur ce spectacle (en y trouvant des choses positives).
Je suis tombé sur une page sur le site de France-Culture :

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2007/avignon/report_fiche.php?report_id=225010099&atheme=1

elle donne quelques extraits d'interview qui éclaircissent des intentions de Christophe Fiat et qui me donnent à penser que ce qui est rejeté par le public n'est pas forcément incontrôlé.

A écouter pour voir.
Commentaire n°9 posté par Octave le 12/07/2007 à 23h11

Ecrire un commentaire - Par Tadorne - Publié dans : LECTURE

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