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  • : Au gré des spectacles, le blog culturel (théâtre, danse, expositions) de Pascal Bély, spectateur nomade basé à Aix en Provence.
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /2009 08:14

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Incident grave au Théâtre du Merlan de Marseille, situé dans les quartiers nord de la ville, lors de la représentation le samedi 21 février 2009, de « (Not) a love song » du chorégraphe Alain Buffard. Après seulement trois minutes de représentation, le guitariste Vincent Ségal a ordonné le départ de (jeunes) spectateurs manifestement trop bruyants. Alain Buffard est ensuite monté sur scène pour exiger que tout un groupe quitte la salle. Manifestation du public, départ de spectateurs (dont des représentants de tutelles), impuissance de la direction du Théâtre.  

Vous trouverez ci-dessous,:

-          Un regard critique du spectacle écrit lors de l'édition Montpellier Danse 2007.

-          En cliquant ici sur "commentaires", des contributions de spectateurs suite à l'incident au Théâtre du Merlan et un débat sur le positionnement des médiateurs culturels.

Nous reviendrons plus tard sur cet incident afin de porter un regard distancié sur ce qu'il est aujourd'hui : le symptôme d'une désarticulation.



L'époque est aux chansons d’amour. Après le magnifique dernier film de Christophe Honoré, la danse s’empare du sujet avec jubilation, gravité et dérision. Le chorégraphe Alain Buffard fait l’évènement (et salle comble) à Montpellier Danse avec « (Not) a Love Song ». À l’issue de la représentation, le public fait un triomphe à celui qui vient de le faire rire jusqu’aux larmes, de l’émouvoir jusqu’aux frissons. Cette création est une performance d’acteurs où le moindre mouvement du corps et la plus petite note de musique participent à une fresque cinématographique chantée, dansée où s’incarne tout à la fois Marlene Dietrich, Bette Davis, Lou Reed, David Bowie et James Brown ! Pour réaliser cette prouesse, Alain Buffard a réuni sur le plateau quatre artistes d’exception : le performer – danseur – chanteur – musicien américain Miguel Gutierrez, la chorégraphe et chanteuse Portugaise Vera Mantero, l’Italienne Claudia Triozzi et le musicien français Vincent Segal. À eux quatre, ils redessinent les contours d’une œuvre transdisciplinaire où le spectateur lâche prise à l’infini et finit pas se sentir agréablement vulnérable !
Elles sont deux femmes, stars déchues du cinéma. Les fans les abandonnent à leur quotidien, réduit à cet espace scénique où le miroir les renvoie à leur passé glorieux, leur garde – robe à leurs anciennes coulisses et les quelques marches du salon à leur palais des Festivals. Elles ont tout perdu et la scène leur offre l’opportunité pour tout balancer. À partir de répliques extraites des grands classiques du cinéma, elles chantent ce qu’elles ne peuvent plus dire. Elles vont au cinéma pour permettre aux fans « les plus intelligents »  de les observer se regarder à l’écran ! Ainsi qualifié, le public de Montpellier Danse peut s’en donner à cœur joie pour scruter le moindre fait et geste de ce duo hors pair. Nous serions presque au cinéma si la présence du musicien et du chanteur – performer n’étaient là pour nous rappeler qu’entre danse, théâtre, 7ème art, défilé de mode, les frontières ne tiennent plus à grand-chose, face à cette tragédie des temps modernes, où la starisation conduit à la perte de soi.

 

 

Alain Buffard aime ces deux actrices, car, au-delà des apparences, c’est d’amour et toujours d’amour dont il s’agit. Cette tragi-comédie s’inscrit dans un espace tout à la fois vertical et horizontal, où votre regard ne se perd jamais tant le tout est cohérent. Les corps sont là pour nous rappeler que la danse n’est pas l’art du divertissement, mais de la transformation pour comprendre l’indicible. À quatre, ils métamorphosent tout sur leur passage comme s’il fallait réapprendre le lien, le sentiment amoureux (quitte à clamer « je ne t’aime pas ») loin des codes hystériques des fans. Et aussi étrange que cela puisse paraître, Alain Buffard nous replace dans leur histoire (de fous et de folles) où le rire est le plus beau des chants d’amour.


Pascal Bély
www.festivalier.net


"(Not) a love song" d'Alain Buffard a été joué les 23 et 24 juin 2007 dans le cadre du Festival Montpellier Danse.

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A lire aussi un autre regard sur le blog "Danse à Montpellier".


  Crédit photo: Marc Domage



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Commentaires

Merci Pascal, cela donne envie, j'ai hâte de voir ça (au centre Georges Pompidou en decembre). J'ai eu un avant gout: Claudia Triozzi chantait bien ,et étrangement, dans Up to Date. 
Une reflexion à ouvrir cependant: s'agissant d'une oeuvre que tu décrit si riche de références populaires, faut il opposer un art de divertissement ..à quoi au juste d'ailleurs? A une reflexion sur le spectacle même? Qui serait vaine si elle ne se nourissait pas de cette matière même, ne la présentait pas sur scène dans le même temps? De cet empillement de différents niveaux peut naitre une vaie richesse. En lisant ton billet j'ai pensé à Sunset Boulevard de Billy Wilder. Mais c'est vrai que je n'ai pas vu la piece, même si ton billet est trés évocateur. Je me tais donc... jusqu'à decembre!
Commentaire n°1 posté par Guy Degeorges le 28/06/2007 à 12h31
Il nous faudrait écrire sur ce sujet: "la danse est-elle un art du divertissement?". Je chemine par rapport à cette question et je ne suis pas loin d'en avoir une image: la danse va au delà du divertissement, elle est un méta-langage. Elle peut-être drôle mais de là à me divertir...Un papier pour Scènes 2.0?
Commentaire n°2 posté par le tadorne le 28/06/2007 à 23h09
OK, rendez vous sur scenes 2.0. je prépare quelque chose.
Commentaire n°3 posté par Guy Degeorges le 29/06/2007 à 08h24
Amis Toulousains! Ne ratez pas ce petit bijou lors du Festival "C'est de la danse contemporaine" les 5 et 6 février 2008.
Commentaire n°4 posté par LE TADORNE le 07/01/2008 à 16h48
J'ai noté sur Scenes 2.0. que Sarah-Clochettes avait devancé ton appel. Quant à moi, faudrait peut être que je me secoue pour finir ma chronique entamée mi décembre, je ne vais pas me payer le ridicule de me faire devancer par notre chère toulousaine en février! J'ai été impressionné par la sophistication-même assez décalée- de l'exercice, pas tout à fait Broadway, mais c'est surprenant dans le cadre du mouvement de la post-non-dance! En tout cas pas mal de petites étoiles en perspective.
Commentaire n°5 posté par guy le 07/01/2008 à 21h37
Cher Tadorne, vous m'aviez donné l'eau à la bouche et c'est avec joie que j'attendais ce spectacle à Marseille.

Que vous dire de mon indignation de ce que j'aie vécu dans la salle du théâtre du Merlan ??? Que de colère qui bous en moi ! Je n'ai pas pu recevoir ce spectacle... et pour cause.
Que s'est-il passé ?
Le spectacle n'avait pas commencé depuis 5 minutes que le guitariste n'a pas supporté les rires de quelques jeunes qui étaient visiblement du quartier. Il a arrêté de jouer et demandé aux "spectateurs un peu trop vivant" (à son goût) de "sortir". Le comble !! Mais le pire, c'est qu'Alain Buffard en a rajouté une couche en faisant allumer les lumières de la salle et en refusant de continuer le spectacle "tant qu'ils n'étaient pas tous sortis de la salle". Sans dialogue, sans échange, sans alternative : "TU SORS" et basta ! (ça vous rappelle quelqu'un ? moi aussi !...)
Quelle maladresse pour un chorégraphe qui a déjà quelques années d'expériences de salle et de scène.
Je n'avais encore jamais vécu ça.
Le Merlan est l'un des seuls lieux ou l'on peut trouver un mélange de public. 
Désolé Môsieur Buffard de ne pas vous avoir suivi dans votre envolée (et je ne suis pas la seule) : vous faites du spectacle pour les bourgeois. Retournez dans votre monde.
Ce soir là, vous avez été la honte de toutes celles et  ceux qui oeuvrent pour la "démocratisation culturelle" et qui tente d'amener des gens aux spectacles qui en sont malheureusement fort éloignés.
Commentaire n°6 posté par cerise le 22/02/2009 à 20h49
j'ai cherché sur internet l'adresse de ce chorégraphe et je ne la trouve pas; je tombe sur votre blog et l'article élogieux à l'égard de mr buffard; j'etais comme cerise au merlan hier soir et je n'ai toujours pas trouvé les mots pour hurler mon INDIGNATION; demander à des spectateurs de quitter la salle est inacceptable; je ne l'accepte pas; je demande donc à mr buffard de s'expliquer 'pourquoi pas sur ce blog) pour tenter de comprendre (si cela est encore possible) l'innaceptable.
L'INNACEPTATBLE!
agnes
Commentaire n°7 posté par mlle agnes le 22/02/2009 à 23h17
http://www.alainbuffard.eu/fr/contact_fr/contact_fr.html

le mieux est de lui demander, non?
Commentaire n°8 posté par martine silber le 23/02/2009 à 00h25
c'est déjà fait!
Réponse de LE TADORNE le 23/02/2009 à 09h20
Maguy marin a elle aussi pêté un cable au Théâtre de la ville à Paris alors qu'un spectateur était monté sur scène lors de la représentation de "Turba". Une véritable agression.
Pour Buffard, le contexte a l'air différent. Si cela s'avère vrai, il y a de quoi s'inquieter. Car demain, si un spectateur ronfle, il le fera évacuer aussi
Armand
Commentaire n°9 posté par a.t le 23/02/2009 à 09h11
je m'en veux de ne pas être parti; j'étais inccapable d'être disponible pour cette pièce; tout ceci a tourné à la farce quand un jeune est monté sur le plateau après la représentation,jeté en pâture.
c'etait la pire de mes soirées de spectateur; comment un lieu culturel peut-il produire autant d'exclusion? Comment? le théâtre du merlan s'est montré pourri en laissant le public et le buffard s'affronter; honte à eux. 
romain de marseille des quartiers nord.
je vais l'écrire comme cela, ce sera mieux pour mr buffard: romain deux marseillleeeeeeuh dais cartiais mort.
Commentaire n°10 posté par romain de marseille des quartiers nord. le 23/02/2009 à 14h57
Voilà ce qu'écrit Denis Bonneville du Journal "La Marseillaise" sur cet incident pour le moins fâcheux:

Respect et angélisme…
 La représentation, samedi, de (Not) a love song, a dû être interrompue au bout de quelques minutes, le musicien Vincent Ségal ne supportant pas les rires et chamailleries d’une poignée de  jeunes spectateurs qui semblaient avoir confondu le théâtre du Merlan avec le Dôme un soir de Star Academy.
    Une altercation qui a déclenché dans le public, avant la reprise du spectacle, quelques réflexes de défense desdits perturbateurs -très ségoléno-angélistes, soit dit en passant-, du style « ils se seraient calmés ». Peut-être. Mais peut-être pas.
    Quelques ados, conviés en groupe sans avoir été a minima « prédisposés », peuvent-ils parasiter un spectacle par essence fragile -et celui-là en particulier-, et entraver la qualité d’écoute de dizaines d’autres spectateurs ? Mais n’est-ce pas l’essence même du spectacle vivant que de confronter des artistes avec un public, quel  que soit son état de dissipation ? Les réactions épidermiques de Buffard et Ségal étaient elles disproportionnées, ou trop hâtives ? Le théâtre est-il une cour de récré ?
    Au-delà de ce débat, on regrettera simplement à travers cet épisode l’amateurisme patent de la scène nationale qui, sur ce groupe, a clairement manqué de discernement en ne les « préparant » pas à ce qu’on allait leur proposer. Et on déplorera l’attitude de sa directrice, Nathalie Marteau, qui, plutôt que de faire amende honorable, ou seulement intervenir lors de la discussion surréaliste qui devait clore soirée, n’a rien trouvé de mieux que de jouer à la speakerine en annonçant la suite du programme…

On ne se privera pas de répondre à Mr Bonneville sur certains raccourcis (décidément on met Ségolène Royal à toutes les sauces) et sur le jugement pour le moins sévère porté à l'encontre des médiateurs culturels.
Pascal Bély
Commentaire n°11 posté par LE TADORNE le 23/02/2009 à 16h26

Quelques réflexions sur ces commentaires. Je précise d’emblée que je suis en Normandie, que je ne connais ni le Merlan, ni son équipe, ni les quartiers nord de Marseille, que je n’étais pas à la représentation. Mais en lisant ces lignes, je me pose des questions.

Quand on connait un peu le parcours de Vincent Ségal (juste un peu, taper son nom dans goole et regarder trente secondes ce qui s’affiche), on se dit qu’il est loin du cliché du grand concertiste qui ne passe que dans des salles prestigieuses qui ne supporterait pas le moindre bruit extérieur au plateau. On peut donc imaginer, même si Segal était peut-être extrêmement susceptible ce soir-là, qu’il y avait une nuisance. Si les artistes se sont sentis dérangés, pour moi, leur attitude est normale : ils sont quand même « en travail » quand ils sont sur scène, ils ont choisi de faire une représentation dans un théâtre, et pas au centre de l’espace public, et ont donc le droit d’attendre des conditions de représentation  « normales ». A lire ces commentaires, on voit certains spectateurs (et  oui, ça me fait penser à la « gauche bien pensante », extrêmement tolérante du moment que sa vision des choses est partagée) choqués par ce qu’il s’est passé. Disons que je ferai deux cases pour le public : la première contient celui qui ne peut s’empêcher de faire tout haut des commentaires sur ce qu’il voit, dans ce cas, rien à redire, la deuxième, ceux qui attendent une sorte de recueillement, et que ces commentaires dérangent. Si les artistes ont été dérangés, imaginez ce que ça pouvait être pour le public situé juste à côté de ce groupe « perturbant » !

En ce qui concerne les attaques sur Le Merlan, ses médiateurs culturels. Pour ma part, je suis chargé de relations avec le public dans un théâtre. Il ne fait aucun doute que certains RP limitent leur rôle à la distribution de brochures et à la production de statistiques. Il faut quand même dire que c’est une partie minime de la profession. D’autres essaient de bien faire leur boulot. En ce qui concerne les rencontres préparatoires, certains RP n’hésitent pas à faire des heures sup non payées pour rencontrer un maximum de groupe. Et souvent, ça ne suffit pas encore. Il u a un vrai problème de temps. D’ailleurs, si vous interrogez les structures, bon nombre d’entre elles, si elles avaient les moyens de créer un poste supplémentaire, ce serait en « médiation culturelle ». Mais il ne faut pas oublier non plus tous les groupes qui sont maintes et maintes fois contactés en vue d’une préparation, et qui ne répondent jamais ! comment faire pour les préparer, même pas à ce qu’ils vont voir, mais ne serait-ce que pour leur expliquer ce qu’est une représentation ?

J’en arrive enfin au grand absent des débats. Il s’agissait apparemment d’un groupe constitué, donc un groupe avec un responsable. Un jour, j’ai assisté à une représentation. À côté de moi, un « jeune » sort sa playstation portable. Je lui demande gentiment de l’éteindre… « j’t’emmerde gros con »… À l’entracte, je vais voir le responsable du groupe « oh…vous savez, ils sont jeunes, faut bien qu’ils s’amusent »… No comment.

 

Ce qu’il s’est passé au merlan, personne ne peut s’en réjouir. Mais il ne faut, à mon sens, pas résumé ceci à « les méchants artistes bourgeois et la méchante institution bourgeoise »…Le problème est, je crois, bien plus profond.

Commentaire n°12 posté par Yann Maitre-Jean le 24/02/2009 à 12h17
De mon regard d'habitante du centre ville de Marseille : le théâtre du Merlan est situé dans un centre urbain, sous l'hypermarché Carrefour. Dessous il y a une voie rapide et tout autour : du béton, du béton, du béton, une bastide, du béton, du béton, du béton, du béton, ...
Ca donne le ton !

Pour ce qui est du métier de médiateur, il ne me semble pas tout à fait le même si la structure est située en centre ville ou en  banlieue (ça dépend également de la programmation artistique).

Pour l'équipe du Merlan, si elle se donne comme objectif de faire venir des habitants éloignés du spectacle vivant dans la salle, j'imagine que cela va lui prendre plus de temps. Le travail ne se limite pas à distribuer des tracts, affiches et dire que le spectacle est "super génial, il ne faut pas le râter".

Ca prend du temps "avant" "pendant" et "après" le spectacle.  Pour ce temps "avant" : faut-il encore que les fameux RP est pû voir les spectacles avant d'en parler eux-mêmes et de voir s'ils peuvent correspondre au public qu'ils veulent faire venir et avec qui ils entretiennent des liens privilégiés.
Si vous allez sur le site du Merlan, ils sont 3 relations publics + une responsable des relations publics. Si l'on compare avec le Théâtre de la Criée (centre ville) : il n'y a pour l'instant qu'une seule personne.
Si on parle chiffre, il me semble que Le Merlan se donne un peu les moyens de tisser des liens avec les alentours (cette année, il n'a plus de programme papier, c'est l'enfer). D'autant qu'à chaque fois que je vais dans cette salle, il y a toujours des groupes du quartier (c'est sûr, on est loin des "abonnés" de certaines structures de la ville qui connaissent bien "l'attitude du bon spectateur", quoi que parfois le bon spectateur ronfle !).

Après... et bien nous parlons d'être humain et de spectacle vivant : ce n'est pas forcément parce que vous prêchez la bonne parole (expliquer comment se comporter, se tenir, éteindre les portables, pas jouer à la game-boy, pas faire de commentaires super forts... bref, les "codes de bonne conduite dans une salle de spectacle" que ça marche à tous les coups !  Et ça ne veut pas forcément dire que le boulot n'a pas été fait avant... (c'est comme les enfants, on ne cesse de leur répéter 10, 20 ou 30 fois les mêmes choses avant qu'elles soient intégrées... et ça fatigue bien leurs parents !!).

Les animateurs, éducateurs et autres accompagnateurs ?? On ne cesse de leur grignoter leur budget. Ils sont de moins en moins pour gérer de plus en plus d'urgence...
Alors on fait quoi ????
Chacun chez soi et les moutons seront bien gardés ?
Commentaire n°13 posté par Cerise le 25/02/2009 à 22h41
Cet "incident grave" nous interpelle en effet sur les effets d'une éventuelle médiation à outrance, ou des mauvauses conditions dans lesquelles elle se déroule parfois et nous pose aussi les questions du respect entre artistes et spectateurs, et même des "provocations" qui existent parfois dans les deux sens entre le groupe 'artistes et  le "groupe spectateurs".

A la base, faire venir et rester une heure au théâtre des groupes qui n'ont que peu de codes en commun avec l'univers symbolique et de performance de Buffard n'est déjà pas évident?  Tout le défi du travail du médiateur culturel réside justement dans un travail d'éducation visant   à réduire les barrières d'accès à la Culture selon un certain déterminisme social et des préjugés éloignant les uns et les autres dans le rapport à la Culture.
Je comprends l'indignation des artistes, au maximum de leur concentration. Arrêter le spectacle est une manière de dire stop et de se faire respecter, de marquer le coup, là où des personnes, adolescents et nouvelles générations ne manifestent pas toujours assez de curiosité ou au moins de respect pour quelque chose qu'ils ne comprennent ou n'apprécient pas. Le départ de spectateurs discret est acceptable. Les  perturbations  à visée provocatrice ou le départ intempestif et bruyant de spectateurs est à déplorer. Néanmoins, les perturbations expriment aussi quelque chose : que l'oeuvre n'est pas ou mal reçue. C'est aussi une question de pouvoir qui se joue là sans doute : l'artiste peut-il exiger un silence absolu, le mérite-t-il toujours ? Est-il en avance sur son époque ou pas placé devant un public qui saura apprécier son amibition ? Le "Sacre du printemps" d'Igor Stravinsky fit scandale quand il fut créé et pourant, perosnne ne proteste aujourd'hui pour reconnaître le génie de cette oeuvre. Le spectateur doit-il tout accepter et ceux placés en posiiton d' "ignorants" se laisser rabrouer, les politiques cautionner ou marquer différemment leur positon ?

A une autre échelle, j'ai aussi assisté la semaine dernière dans un Centre Culturel d'une petite commune de l'agglomération d 'Angers à une  coupure brutale de spectacle  : un conteur parti dans un long monolgue de plus d'une heure (alors que le programme indiquait " pour un public à partir de 5 ans")  s'est offusqué (mais s'est ensuite vite remis au travail, plus dérangé et étonne que réellement choqué) de voir toute une rangée de jeunes spectateurs remuer et se lever, entrainant la rangée de derrière occupée par un groupe de handicapés mentaux à se manifester bruyamment....ce dont il n'avait pas conscience car aveuglé par les projecteurs. En réalité, le premier groupe n'était autre qu'un groupe d'enfants d'un centre de loisirs se hâtant de quitter les lieux pour ne pas râter leur car !...Plus de concertation entre médiateurs, groupes et artistes pourrait réduire les quiproquos ou les intolérances.

Piur aller plus loin, le débat me fait penser à l'ambiguité de la place de chacun en situation de représentation, artistes et spectateurs et me donne envie d'élargir le propos à la circulation d'énergie suscitée de la scène à la salle et de la salle à la scène. L'envie de"monter sur scène" lors de spectacles qui repoussent et interrogent les limites des formes traditionnelles  et jouent avec les limites entre artistes et spectateurs ne vous a t-elle jamais pris en tant que spectacteurs ?  Il est parfois tentant de se monter moins mouton et de se prêter à une petite participation...artistique j'entends, et dans le plus grand respect des artistes, ce qui s'avère, il faut l'avouer souvent très délicat, donc très rare.... Si je  prends un petit exemple, lors du spectacle de Fanny de Chaillé "Gonzo conférence" qui place sa danseuse Christine Bombal en star sur une scène de rock surélevée par rapport au public , faut-il, nous, spectateurs debouts dans la fosse, rester statiques malgré la bande son rythmée ? Ou jouer le rôle que le dispositif nous incite à prendre, c'est-à-dire celui d'amateurs de rock fictifs, donc plutôt remuants ? Irions-nous jusqu'à nous permettre quelque "stage diving" de rigueur dans les concerts pour illustrer le propos de la chorégraphe puisqu'elle nous suggère un rôle  ? Moi, je réponds oui.
Plus récemment, dans "Gombrowiczsshow" de Xavier Boussiron et Sophie Pérez, spectacle déjanté mêlant avec grande liberté théâtre, musique live, cabaret, danse, et situations absurdes, l'écriture même du spectacle prévoit une coupure artificielle de la pièce avec rallumage de la salle, allant jusqu'à chosir un spectateur dans le public et le planter dans le décor comme élément cobaye. On apprend en rencontrant les artistes que ce spectateur est en fait un complice...on reste donc bien dans le cadre du spectacle,  avec faux semblan mais nous, spectateurs, ressentons que le complice est en chacun de nous, nous arrogerions-nous ce pouvoir d'agir puisque l'assurance de rester assis sur sa place numérotée n'est plus garantie ?!.
Pourrions-nous nous permettre de participer plus activement et joyeusement que ce que la tradition nous dicte de respecter : s'assoir et ne pas participer ?

Buffard a été inffluencé par  la danse performative américaine des années 60 et joue bien sur la provocation dans certaines de ses pièces, il se remettra de l'incident. Mais les perturbateurs d'un soir, reviendront-ils au théâtre ?
LM
Commentaire n°14 posté par Léonore Merveille le 26/02/2009 à 15h46

J'ai repris le petit fascicule de communication du Merlan qui reprend toute la programmation du cycle sur les femmes, dont Buffard faisait partie.

Ce que je lis sur (Not) a love song :
1 - [spectacle] à voir en famille à partir de 12 ans
2 - (...) "entre la danse, le théâtre et la musique live de Vincent Ségal, Vera Mantero, Claudia Triozzi et Miguel Gutierrez nous livrent une comédie musicale qui pète les plombs".

Intéressant non  ? Peut-on aller à ce spectacle en pensant qu'il faut un silence d'église ?!!...

Commentaire n°15 posté par Cerise le 26/02/2009 à 19h15
j'aimerais beaucoup que ces jeunes viennent écrire sur ce blog. Car quelles marques peuvent laisser d'avoir été exclu d'un théâtre? Croyez-vous que ce soit la même chose que d'être mis à la porte d'une école. J'ai l'impression que c'est plus grave.
J'avais vu Mr Buffard à Montpellier Danse; jamais j'aurais cru que "not a love song" puisse exclure. Bien au contraire.
mais que s'est-il passé dans ce théâtre avant la représentation?
Commentaire n°16 posté par sylvie le 26/02/2009 à 23h41
Cher Tadorne, je vais enfin pouvoir m'exprimer à contrario de votre opinion... l'incident qui a lieu au Merlan ne peut que m'aider à formuler ma critique à l'égard de cette proposition scénique. Même si l'interprétation énergique, la complexité du travail de mémorisation, la performance sans cesse renouvellée de passer du corps à la voix ne sont pas là pour me soutenir dans ma petite entreprise de démolition, je me dois de souligner une certaine vacuité que je vois prédominer à cette forme.

Faisons court : le spectacle est un sujet tautologique assez risquée sur scène, surtout en ces temps où l'on sait désormais qu'il s'agit d'un outil de propagande. Alain Buffard essaie de ne se laisser pas prendre à ce jeu mais il sombre à mon avis très vite dans une complainte nostalgique très personnelle (souvenir du rock, post-punk occidental déprimé, les vieilles stars de cinéma, l'amour raté...). Une complainte nostalgique peut-elle faire un bon spectacle ? ... oui, bien sûr.

Aujourd'hui à Marseille une complainte nostalgique peut-elle faire un bon spectacle ?... mmmoui, chose en tout cas nous l'avons vérifié, beaucoup plus difficile. Après quelques discussions avec de nombreux spectacteurs, jeunes du quartier du Merlan et d'autres, il semblerait que le sujet et le déroulement du spectacle ait pu être reçu comme décalé, hautain, ennuyeux, voire totalement complaisant... Et à avoir pu assister à l'exaspération soudaine du guitariste doublé de l'arrogance physique d'Alain Buffard face à son public, car nous sommes tous un public (riant, toussant, parlant...), je pencherais vraiment du côté de ces spectateurs aux visages affectés.

à bientôt !

http://sylvainpack.blogspot.com
Commentaire n°17 posté par Sylvain Pack le 27/02/2009 à 03h10
Le droit de réponse de Nathalie Marteau, directrice du Merlan, publié dans le journal La Marseillaise suite à l'article de Denis Bonneville (voir plus loin dans les commentaires):

Droit de réponse. La directrice du théâtre du Merlan réagit.
« Toucher tout
un chacun »

 n Suite à la parution de l’article « Respect et angélisme » paru dans notre édition d’hier, Nathalie Marteau, directrice de la scène nationale du Merlan, à Marseille, a souhaité exercer son droit de réponse. Nous le publions dans son intégralité.     « Samedi soir, le spectacle (Not) a love song qui ouvrait le cycle Pluri(elles) consacré aux femmes a été brutalement interrompu par le chorégraphe Alain Buffard, suite à la perturbation engendrée par quelques spectateurs. Certains ont regretté l’absence de parole de la direction du théâtre à ce moment-là ; ce que je comprends et ce que je suis la première à regretter, dépassée par la violence de l’évènement.
    « Je ne voudrais pas que cet incident fasse oublier le travail mené par l’équipe du Merlan depuis 4 ans. Je voudrais rappeler notre projet et notre volonté : réaliser une programmation exigeante, capable de toucher tout un chacun, sans segmenter les publics.
    « Ce qui est souvent apprécié au Merlan, et qui est au cœur de notre projet, est la mixité de sa salle, fruit d’un travail de terrain quotidien, loin de la démagogie et de l’amateurisme. Je suis peinée de voir que ce qui fait notre force et notre engagement soit l’endroit où nous sommes attaqués. J’invite donc [la rédaction] à venir partager notre travail mené auprès des publics, notamment du quartier.
    « Les questions posées par ce qui s’est passé samedi soir sont complexes et, soyez-en sûrs, seront réfléchies par l’équipe du Merlan et tous ceux qui souhaitent s’y associer : spectateurs, artistes, tutelles, partenaires ».
NATHALIE MARTEAU, DIRECTRICE
DU MERLAN-SCENE NATIONALE

 Ndlr. Dans l’article incriminé, il n’était nullement question de remettre en cause le travail effectué par le Merlan-scène nationale auprès des publics de manière générale, mais de pointer les déficiences évidentes sur le spectacle de samedi.
Commentaire n°18 posté par LE TADORNE le 28/02/2009 à 09h24
Peut-on suggérer à l’équipe du Merlan d’afficher dans les loges des artistes ce qui est écrit dans le site du Merlan à la rubrique « présentation » ? ça évitera à d’autres artistes de se ridiculiser.

« La scène nationale est implantée dans les quartiers nord de Marseille, qui concentrent la population la plus défavorisée et la plus multiculturelle de la ville.

Le pari est de transformer le théâtre en une maison ouverte et commune à tous, de favoriser un vivre ensemble, entre les artistes, les habitants et l'équipe du Merlan. Le nomadisme et l'occupation de la « maison » vient ensemble à créer des liens, entre les quartiers de cette ville éclatée et à tisser des relations impliquantes avec les habitants des quartiers nord.

Dans une ville à forte mobilité, de migrations et d'inégalités sociales, le Merlan entend jouer un rôle actif et précurseur, pour créer du partage autour des projets des artistes. »
Commentaire n°19 posté par Marie le 03/03/2009 à 07h53
Hier soir, sur Radio Grenouille, à Marseille.
Plusieurs responsables de structures culturelles échangent sur leur programmation et la médiation culturelle. Arrive le moment où est évoqué l'incident du 21 février au Merlan. Anaïs Lemaignan, directrice des relations au public, minimise son impact. Le journaliste relance peu et préfère nous faire entendre un enfilage de perles des deux danseuses de Buffard sur la médiation plutôt que d'évoquer leur ressenti sur ce qu'il s'est passé.
Sur ces "jeunes", on ne saura rien d'eux. Ils n'existent pas. Hallucinant! Sur Alain Buffard? Arrêter un spectacle après cinq minutes et sortir des spectateurs d'un théâtre n'émeut aucun invité dans le studio.
Hier soir, au volant de ma voiture, j'étais ému. Cette histoire fait mal et sans vouloir entrer dans la polémique, j'aurais aimé connaître le ressenti de ces jeunes au sujet de la pièce de Buffard. Lorsque j'ai vu "(not)a love song" à Montpellier Danse, je me souviens encore des rires du public dès les premières minutes. Buffard n'y a rien trouvé à redire. A marseille, ces jeunes ont exprimés à leur façon ce que provoque toujours la danse contemporaine. Mais on préfère avoir une lecture "comportementale" de leurs agissements plutôt que d'écouter, calmement, ce qu'ils ont à nous dire.
nous serions bien inspirés d'inventer la médiation démocratique avant que tout cela nous pête à la figure;
Pascal Bély
Commentaire n°20 posté par LE TADORNE le 05/03/2009 à 08h31
pascal, vous rêvez. N'attendez rien de tout cela. il y a toute une jeunesse que nous sacrifions; n'attendez pas des théâtres ce que nous mêmes ne faisons pas.
concernant le merlan, cela fait belle lurette que j'y vais plus; c'est un théâtre pour bobos qui se donnent bonne conscience en mettant quelques jeunes colorés dans la salle. quand je vois le cycle sur le sexe,il y a de quoi hurler! mais qui de ce quartier va aller voir ces spectacles! mais qui??? quand vous pensez que dans certaines familles, le sexeest otalement tabou! masi dans quelle planète ils vivent dans ce théâtre?
bon, j'arrête..;je m'énerve
bien à vous
solange
Commentaire n°21 posté par SOLANGE le 05/03/2009 à 22h59
à propos du cas Buffard, la responsabilité est au lieu qui accueille une programmation qui n'est pas annodine, le merlan est situé sur un territoire avec des missions de politique culturelle envers ses publics, cette scène nationale à oublier quelle n'est pas le chatelet, ses missions doivent en majeure partie prendre en compte la mixité de ses public, elle aurait du prendre précaution et programmer mr Buffard dans un cadre approprié tard le soir car buffard ça n'est pas du grand public c'est pour les initiés et en faut ! mais mettre public et artistes en mauvaise posture...c'est une erreur stratégique du Merlan qui oublie ou il se situ et à qui il s'adresse....... ISA
Commentaire n°22 posté par isa le 12/04/2009 à 09h48

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