"Visa pour l'image" à Perpignan du 28 août au 12 septembre.
La Biennale de la Danse à Lyon du 4 septembre au 10 octobre 2010.
Le Festival ACTORAL Ã Marseille du 25 septembre au 13 octobre 2010.
Le Printemps de Septembre à Toulouse du 24 septembre au 17 octobre.
Le Festival d'Automne à Paris du 9 septembre au 31 décembre.
Le KunstenFestivalDesArts de Brxuelles prend soin de nous prévenir dans le document de présentation distribué au public : Richard Maxwell, metteur en scène et auteur américain, est un adepte des
« facéties antithéâtrales », « statiques », avec un « style minimaliste » à « l’humour tranchant ». Avec « The end of réality », je fais donc mes
premiers pas dans cet environnement théâtral inconnu jusqu’à ce jour…
Nous sommes dans un bureau de surveillance situé à Manhattan. Un écran vidéo restitue le quartier et nous projette dans une culture paranoïaque où tout est danger, même la psychologie des
personnages (« Ce que j’apprécie chez toi c’est que l’on te comprend très vite », dit l’une des femmes à son collègue de travail). Ils sont tantôt en habits de sécurité, tantôt en tenue
de jogging, mais toujours uniformisés. Ainsi, sphères privées et professionnelles fusionnent et finissent par provoquer un ressenti d’étouffement. Six acteurs s’affrontent dans ce huit-clos,
renforcé par une mise en scène rationaliste où les mouvements vont d’un point à l’autre à l’image d’un réseau de communication mobile. Ils entrent et sortent de la pièce pour échapper au sens
comme s’ils fuyaient leur inconscient, potentiellement dangereux. D’ailleurs, tout est sous contrôle : les bagarres sont jouées au ralenti (moment jubilatoire qui rend agresseurs et agressés
particulièrement proches…) ; la relation amoureuse naissante entre deux officiers de sécurité se réduit à un jeu de drague de la sphère internet où les corps peinent à se toucher, presque
contaminés. Toutes ces interactions en « diagonale » permettent quelques espaces libres que nos protagonistes s’empressent d’occuper : le dossier sur lequel on décrit les faits délictueux, le
journal du jour (gratuit ?!) posé sur le bureau pour y lire leur traduction médiatique. La boucle est bouclée. Bien sûr, Richard Maxwell n’oublie pas de laisser quelques marges d’autonomie qui
conduisent une officière à libérer un voyou sans que l’on en saisisse la raison !
Dans un tel climat de lourdeur, le spectateur s’ennuie (autour de moi, les têtes flanchent à défaut
de tomber). Le minimalisme assèche, caricature beaucoup, linéarise tellement l’histoire qu’elle nous positionne en super caméra de surveillance. Le tout nous renvoie à notre condition d’humain
aux moments les plus tristes de nos quotidiens quand nous rationalisons tout. Pendant une heure trente, je résiste en opérant des liens avec le contexte de l’élection de Nicolas Sarkozy. La mise
en scène de Maxwell m’évoque les processus réducteurs que le nouveau pouvoir installe pour empêcher toute pensée globale d’émerger en se focalisant sur l’individu au détriment de toute approche
collective. C’est peut-être là qu’il faut chercher la force de cette œuvre : avec cette approche minimaliste, Maxwell crée un espace pour (re) penser notre société à partir de notre
positionnement. Nous revoilà remis au centre, car seule la pensée complexe viendra à bout de la peur. Nous sommes bien au KunstenFestivalDesArts…
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Le projet du Tadorne pour
Marseille 2013

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